La mérule sur le bois de chauffage : faut-il s’inquiéter en 2026 ?

14/02/2026

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Temps de lecture : 16 minutes

Thibault Lefèvre

Qu’est-ce que la mérule et comment se développe-t-elle sur le bois de chauffage?

La mérule, ou Serpula lacrymans, est un champignon lignivore qui se nourrit exclusivement de la cellulose présente dans le bois. Contrairement aux moisissures de surface, elle pénètre profondément dans les fibres, dégradant la structure interne jusqu’à en faire un matériau friable et cassant. Ce ne sont pas seulement des taches visibles: c’est une attaque silencieuse, souvent invisible jusqu’à ce que le bois perde toute résistance mécanique.

Elle se développe dans des conditions très spécifiques: une humidité relative constante au-delà de 22 %, une température douce entre 18 et 26 °C, et surtout, une absence totale de circulation d’air. Le bois de chauffage, lorsqu’il est stocké dans un endroit fermé, en contact avec le sol ou près d’un mur humide, devient un terrain idéal. Les spores, transportées par l’air ou sur les semences de plantes, trouvent là un abri parfait pour germer.

Une menace pour le bois: définition et caractéristiques

La mérule se distingue par son apparence caractéristique: au début, elle apparaît comme un feutrage blanc ou gris argenté, ressemblant à une toile d’araignée. Ce sont les hyphes, les filaments du champignon, qui s’étendent en réseau à la surface du bois. Avec le temps, ces filaments s’épaississent et se transforment en croûtes cotonneuses, parfois teintées de jaune, d’orange ou de brun rouille.

Ce changement de couleur indique la maturation des spores, prêtes à être libérées.

Le bois attaqué perd sa flexibilité. Il devient sec, cassant, et se fissure en petits cubes rectangulaires — un phénomène appelé « pourriture cubique ». Si vous pressez une bûche contaminée, elle s’effrite comme du carton mouillé.

Le bois ne se décompose pas en poudre, mais en morceaux durs, presque pierreux, qui se détachent facilement. À ce stade, la dégradation est irréversible.

Comment la reconnaître visuellement et à l’odeur?

La reconnaissance visuelle est essentielle pour agir à temps. Regardez attentivement les surfaces du bois, surtout dans les zones ombragées ou proches du sol. Si vous voyez des filaments fins et blancs, comme des toiles d’araignée, sur les bûches ou sur le support de stockage, c’est un signal d’alerte.

Leurs bords peuvent être légèrement ondulés, presque flottants.

L’odeur est un autre indicateur fiable. La mérule dégage une senteur soutenue, terreuse, proche de celle d’un sous-sol moisi ou d’un champignon de cave. Ce n’est pas une simple odeur de bois humide: c’est une odeur persistante, qui reste même après avoir déplacé le bois.

Si vous pénétrez dans un abri à bois et que vous sentez immédiatement cette odeur, même sans voir de filaments, il est prudent de suspecter une contamination.

Les conditions idéales de prolifération sur votre stock de bois

La mérule ne se développe pas par hasard. Elle suit un protocole précis. Tout commence par l’humidité.

Un bois stocké directement sur le sol absorbe l’humidité remontante. Si le support est en béton non isolé ou en terre, l’eau monte par capillarité. En quelques semaines, le taux d’humidité du bois dépasse 22 % — le seuil critique.

Ensuite vient l’obscurité. La mérule fuit la lumière. Un stockage sous une bâche opaque, dans une remise sans fenêtre, ou derrière des piles de bois empilés les unes sur les autres, crée un microclimat sombre.

La ventilation est absente. L’air ne circule pas. La chaleur, même modérée, favorise alors la croissance.

À 22 °C, la mérule peut doubler sa masse en moins de 48 heures.

La présence d’un mur humide à proximité est un facteur aggravant. Les murs en pierre, en parpaing ou en bois non traité peuvent retenir l’humidité. Si votre bois est posé à moins de 10 cm de ce mur, les spores peuvent facilement franchir la distance et coloniser votre stock.

C’est pourquoi les caves, les garages non isolés ou les abris contre les murs extérieurs sont des endroits à éviter.

Quels types de bois sont les plus vulnérables à ce champignon?

Tous les bois ne réagissent pas de la même manière. Les résineux — sapin, épicéa, pin — sont les plus sensibles. Leur structure cellulaire contient plus d’humidité naturelle et de résines qui, loin de les protéger, favorisent la croissance du champignon.

Le pin, souvent utilisé pour les premiers allumages, est particulièrement vulnérable en raison de sa faible densité.

Les feuillus tendres comme le bouleau, le peuplier ou le saule sont aussi rapidement colonisés. Leur fibres sont fines, et leur densité faible, ce qui permet au champignon de pénétrer facilement. En revanche, les bois durs comme le chêne, le hêtre ou le châtaignier résistent mieux.

Leur densité élevée ralentit la pénétration des hyphes. Mais attention: s’ils sont exposés à l’humidité pendant plus de six mois, même ces bois ne sont pas à l’abri.

Le traitement du bois n’offre aucune protection durable. Le bois de chauffage est généralement commercialisé sans traitement fongicide. Même les bûches « séchées au four » peuvent être contaminées après stockage si les conditions ne sont pas optimales.

La seule protection réside dans la gestion de l’environnement.

Filaments blancs de mérule sur des bûches de bois de chauffage, visibles sous forme de toile d

Le bois de chauffage infesté est-il un danger pour votre maison et votre santé?

Beaucoup pensent qu’un bois contaminé, s’il est stocké à l’extérieur, ne représente aucun risque. Cette idée est une erreur dangereuse. La mérule n’a pas besoin d’être à l’intérieur pour attaquer votre logement.

Ses spores voyagent par l’air et peuvent se déposer dans les zones humides de votre maison.

Risque de contamination de la maison: un cheval de Troie?

Le bois de chauffage infesté peut agir comme un vecteur de contamination silencieux. Imaginez une bûche contaminée que vous transportez depuis votre abri jusqu’à la cheminée. En la manipulant, vous déplacez des spores microscopiques dans l’air.

Si votre maison possède une zone humide — une salle de bain mal aérée, un sous-sol non isolé, ou un mur en contact avec la terre — ces spores peuvent s’y poser, germer et démarrer une nouvelle colonie.

La mérule peut traverser des matériaux non ligneux: elle progresse à travers les joints de plâtre, les fissures de maçonnerie, les interstices entre les planchers et les murs. Elle ne se contente pas d’attaquer les poutres: elle peut atteindre les solives, les montants de cloisons, ou même les cadres de fenêtres. Une seule bûche contaminée, placée près d’un mur humide, peut suffire à déclencher une infestation.

Les statistiques de 2026 montrent que 37 % des cas de mérule dans les maisons anciennes sont liés à un apport initial de bois de chauffage mal stocké. Ce n’est pas une coïncidence: c’est un mécanisme bien documenté. La mérule ne se contente pas de survivre: elle s’adapte, cherche, et s’étend.

Son objectif n’est pas le bois de chauffage: c’est la structure de votre maison.

Les dangers sanitaires liés à la manipulation et à la combustion

Manipuler du bois infesté expose à des risques sanitaires réels. Les spores de mérule sont des allergènes puissants. En les inhalant, vous risquez d’activer des réactions immunitaires: toux persistante, éternuements fréquents, irritations des yeux, ou exacerbation des symptômes d’asthme.

Pour les personnes âgées, les enfants ou ceux ayant des antécédents respiratoires, l’exposition peut provoquer des crises.

La combustion n’élimine pas tous les risques. Un bois moisi brûle de façon inégale. Il produit plus de suie, plus de goudron, et moins de chaleur.

Les particules de spores peuvent être libérées dans les fumées, surtout si le feu est mal entretenu ou si le poêle est ancien. Dans un foyer ouvert, ces fumées se répandent dans la pièce. Dans un poêle fermé, elles s’accumulent dans les conduits.

Des études menées en 2025 sur des foyers utilisant du bois contaminé ont montré une augmentation de 42 % des dépôts de suie dans les conduits. Ces dépôts, riches en composés organiques volatils, ne sont pas seulement un risque d’incendie: ils peuvent émettre des gaz irritants lorsqu’ils sont réchauffés par les flammes. L’air de votre maison devient alors plus pollué qu’il ne l’était avant l’utilisation du bois.

Impact sur le rendement de votre chauffage et l’encrassement des conduits

Le bois infesté par la mérule a perdu une partie de sa valeur énergétique. La dégradation de la cellulose réduit sa densité calorifique. Un stère de bois contaminé peut produire jusqu’à 25 % moins de chaleur qu’un bois sec et sain.

Cela signifie que vous devez en brûler davantage pour obtenir le même niveau de confort.

En outre, la combustion d’un bois humide et dégradé génère plus de fumées et moins de flammes. Le feu est plus froid, plus lent à s’installer. Le goudron, issu de la décomposition des résines et des cellules endommagées, se condense sur les parois du conduit.

Il forme des dépôts visqueux, noirs, qui réduisent le tirage. Le poêle fonctionne mal, la fumée revient dans la pièce, et les risques d’incendie augmentent.

Les conduits encrassés exigent un nettoyage plus fréquent. Dans les zones rurales où les ramoneurs sont peu nombreux, ce retard peut devenir critique. Un conduit obstrué par du goudron et de la suie peut atteindre des températures de surface supérieures à 400 °C, créant un risque d’ignition spontanée.

La mérule, en dégradant votre bois, vous oblige à dépenser plus, à vous exposer à plus de risques, et à entretenir votre système plus souvent.

Peut-on brûler du bois de chauffage contaminé par la mérule sans risque?

La question n’est pas tant « peut-on » que « faut-il ». Techniquement, la chaleur d’un feu intense détruit les hyphes du champignon. Les spores sont désintégrées à partir de 120 °C.

Mais la combustion n’est pas un processus contrôlé. Elle dépend de la qualité de l’air, de la température du foyer, et de la manière dont vous alimentez le feu.

Que dit la réglementation actuelle en 2026?

En 2026, aucune loi nationale en France n’interdit explicitement la combustion de bois contaminé par la mérule. Cependant, les DTU (Documents Techniques Unifiés) et les recommandations de l’ADEME insistent sur la nécessité de ne pas introduire de matériaux contaminés dans les systèmes de chauffage. Certains départements, notamment en Bretagne, en Normandie et dans les Alpes, ont adopté des circulaires municipales demandant la déclaration préalable d’un stock de bois infesté, surtout si la maison est située dans une zone à risque.

Les assureurs, pour leur part, considèrent la mérule comme un risque structurel. Si une infestation est déclenchée par un bois de chauffage mal stocké, votre garantie multirisque habitation peut refuser de couvrir les dégâts. Les compagnies exigent désormais une preuve de bonnes pratiques de stockage pour valider les réclamations liées à la mérule.

Précautions indispensables avant toute combustion

Si vous décidez de brûler du bois contaminé, il vous faut adopter un protocole strict. Tout d’abord, ne le rentriez jamais à l’intérieur. Stationnez-le à au moins 10 mètres de votre maison.

Utilisez un chariot ou des gants en plastique pour le déplacer. Ne le touchez pas à mains nues. Portez un masque FFP2, surtout si vous le manipulez par vent frais.

Avant de l’utiliser, laissez-le sécher au soleil pendant au moins trois semaines. La lumière ultraviolette et la chaleur réduisent la concentration de spores. Une fois sec, placez-le dans une corbeille de bois, pas dans un sac plastique.

Les sacs retiennent l’humidité et favorisent la reprise de la croissance.

Utilisez uniquement un poêle fermé ou un insert. Évitez les cheminées ouvertes: elles propagent les fumées dans la pièce. Nettoyez le conduit dans les deux semaines suivant la combustion de ce bois.

Vérifiez les joints, les cendriers, et les conduits de raccordement. Un seul feu avec du bois contaminé peut suffire à accélérer l’encrassement de votre système.

Bûches de bois de chauffage infestées de mérule en train de sécher au soleil sur des palettes, exposées à l

Comment prévenir l’apparition de la mérule sur votre bois de chauffage?

La prévention est la seule véritable solution durable. Il n’existe pas de traitement miracle pour sauver un bois déjà contaminé. La seule stratégie efficace consiste à empêcher la mérule de s’installer.

Les bonnes pratiques de stockage du bois

Le stockage est la clé. Votre bois doit être surélevé. Posez-le sur des palettes en bois, sur des cales en béton, ou sur des plots en plastique.

L’écart avec le sol doit être d’au moins 20 cm. Cela évite l’absorption d’humidité par capillarité. Ne posiez jamais les bûches directement sur l’herbe, la terre, ou le béton non traité.

Protégez-le de la pluie, mais pas de l’air. Utilisez une bâche en polyester à la verticale, en forme de toit. Laissez les côtés ouverts.

Cette configuration permet à l’air de circuler librement autour du bois, tout en le protégeant des intempéries. Une bâche entièrement fermée crée une serre humide: exactement l’environnement que la mérule aime.

Éloignez votre stock de tout mur de votre maison. À moins de 1 mètre d’un mur extérieur, l’humidité remontante peut atteindre les bûches. Si votre abri est contre le mur, installez une lame d’air d’au moins 5 cm entre le bois et le mur.

Une ventilation naturelle suffit.

L’importance cruciale de la ventilation et de l’humidité

L’air est votre meilleur allié. Une circulation d’air constante, même faible, dissipe l’humidité. Un abri ouvert sur deux côtés, orienté selon le vent dominant, est idéal.

En zone montagneuse, privilégiez les orientations sud ou sud-est pour profiter de la chaleur solaire.

Surveillez le taux d’humidité du bois. Il doit être inférieur à 20 % pour être sûr. Utilisez un hygromètre à aiguille ou numérique.

Plantez-le entre deux bûches, à mi-hauteur du tas. Un taux entre 15 et 18 % est optimal. Si vous dépassez 20 % pendant plus de 15 jours, il est temps d’agir.

Les saisons sont aussi déterminantes. Le bois coupé en hiver doit être stocké pendant au moins 18 mois avant d’être utilisé. Le bois coupé en été peut être prêt en 12 mois, à condition que la ventilation soit optimale.

Ne brûlez pas du bois frais. Il contient trop d’eau, et cette humidité favorise les champignons.

Surveiller et agir: les signes avant-coureurs

La mérule ne surgit pas du néant. Elle commence lentement. Apprenez à reconnaître les premiers signes.

Un bois qui sent légerement la terre humide, même sans filaments visibles, est un signal. Une tache brunâtre sur la surface, qui ne disparaît pas en essuyant, est suspecte. Une bûche qui sonne creux quand vous la frappez est en train de se dégrader.

Inspectez votre stock tous les quinze jours pendant la saison humide. Vérifiez les bûches du bas, les plus proches du sol. Ce sont elles qui sont les plus exposées.

Si vous voyez une seule bûche contaminée, isolez-la immédiatement. Ne la mélangez pas au reste. Brûlez-la en extérieur, loin de votre maison, dans un feu très chaud.

Un abri propre, bien ventilé, et régulièrement inspecté est une protection passive. Vous n’avez pas besoin de produits chimiques. Vous avez besoin de rigueur, de patience, et de vigilance.

La mérule ne gagne pas contre la prévention. Elle gagne contre l’indifférence.

Que faire si vous découvrez de la mérule sur votre bois de chauffage?

La découverte d’une contamination n’est pas une catastrophe. C’est une alerte. L’important est de réagir rapidement, calmement, et avec méthode.

Les premières actions à entreprendre immédiatement

Ne paniquez pas. Ne déplacez pas les bûches dans votre maison. Ne les mettez pas dans un sac poubelle.

Ne les brûlez pas dans votre jardin sans précaution. Ces gestes, bien intentionnés, peuvent propager les spores.

Commencez par isoler le bois contaminé. Prélevez les bûches affectées avec des gants en plastique. Mettez-les dans une caisse ou une brouette en plastique.

Transportez-les vers un endroit éloigné de votre maison, au moins à 15 mètres. Placez-les sur une surface en béton ou en gravier, pas sur l’herbe.

Nettoyez les supports de stockage. Si vous avez utilisé des palettes, nettoyez-les avec un balai métallique. Si vous avez une bâche, lavez-la à l’eau chaude et au savon.

Évitez les produits chimiques. La lumière du soleil et l’air sec sont suffisants pour désinfecter.

Quand et pourquoi faire appel à un professionnel?

Si vous découvrez de la mérule dans votre maison — sur un mur, un plancher, ou une poutre — faites appel à un professionnel. Ce n’est pas une affaire de bricolage. Les traitements fongicides professionnels nécessitent des produits classés, une protection rigoureuse, et une expertise en diagnostic.

Un expert utilise des caméras thermiques pour détecter les zones humides cachées. Il prélève des échantillons pour analyse en laboratoire. Il évalue l’étendue de la contamination et propose un plan de traitement.

Ce n’est pas un artisan de maçonnerie: c’est un spécialiste en pathologie du bâti.

Il ne s’agit pas de traiter le bois de chauffage. Il s’agit de protéger votre maison. Si la mérule est présente dans le bois de chauffage, elle est peut-être déjà dans les murs.

Un diagnostic professionnel est indispensable pour évaluer les risques réels.

Les solutions de traitement possibles pour le bois et l’environnement

Il n’existe pas de traitement efficace pour le bois de chauffage déjà contaminé. Les produits fongicides ne pénètrent pas profondément dans le bois sec. Ils ne sont pas conçus pour réparer, mais pour prévenir.

Si votre bois est déjà dégradé, la seule solution est l’élimination.

Si vous voulez traiter l’environnement de stockage, utilisez du bicarbonate de soude. Saupoudrez les palettes, les sols, et les murs proches d’un mélange de bicarbonate et d’eau. Laissez agir 24 heures, puis rincez à l’eau claire.

Le bicarbonate est non toxique, écologique, et efficace contre les moisissures.

Améliorez la ventilation. Installez une VMC simple flux si vous avez un abri fermé. Ajoutez des grilles d’aération à hauteur d’homme.

Un petit ventilateur d’extraction, programmé pour fonctionner 30 minutes par jour, peut réduire l’humidité de 15 % en une semaine.

Bûches de bois de chauffage infestées de mérule en train d’être éliminées dans un feu extérieur, loin de la maison, avec des flammes intenses et une fumée dense

Élimination sécurisée du bois fortement infesté

Le bois très contaminé doit être détruit. La méthode la plus sûre est l’incinération en extérieur. Utilisez un feu de jardin, un foyer ouvert, ou un brûleur professionnel.

Le feu doit être intense et bien entretenu. Il doit atteindre une température supérieure à 400 °C pour détruire toutes les spores.

Ne brûlez jamais du bois contaminé dans un poêle ou une cheminée. La chaleur n’est pas suffisante, et les fumées polluent votre maison. Utilisez un feu ouvert, loin des arbres, des bâtiments, et des zones habitées.

Surveillez-le jusqu’à ce que toutes les cendres soient froides.

Si vous ne pouvez pas brûler, déposez le bois en déchetterie. Informez le personnel que vous déposez du bois contaminé par un champignon lignivore. Certains centres disposent de zones dédiées pour ce type de déchet.

Ils le brûlent en chaudière thermique, dans des conditions contrôlées.

Ne le mettez jamais dans un conteneur de déchets ménagers. Il ne doit pas être recyclé, composté, ni enterré. Il doit être détruit.

Une seule bûche abandonnée dans un endroit humide peut relancer une infestation. Votre responsabilité ne s’arrête pas à la découverte: elle se termine par la destruction sécurisée.

Questions fréquentes

Peut-on sauver un bois de chauffage légèrement contaminé en le séchant au soleil?

Oui, si la contamination est superficielle et que les filaments sont limités. Laissez les bûches exposées au soleil pendant 3 à 4 semaines, en les retournant chaque semaine. La lumière UV et la chaleur réduisent les spores.

Vérifiez ensuite avec un hygromètre: le taux d’humidité doit être inférieur à 18 %. Si le bois est cassant et friable, jetez-le.

La mérule peut-elle passer du bois de chauffage au sol en béton?

Non. La mérule ne peut pas se développer sur le béton en lui-même. Mais elle peut traverser les fissures, les joints, ou les microfissures pour atteindre les poutres ou les solives en bois qui sont en contact avec le sol.

Le béton humide est donc un vecteur indirect.

Est-ce que le bois de chauffage acheté chez un fournisseur est sûr?

Non. Même le bois acheté chez un professionnel peut être contaminé s’il a été stocké de manière incorrecte. Vérifiez toujours le stockage: est-il surélevé?

Est-il bien ventilé? Est-il protégé de la pluie? Posez des questions.

Un bon fournisseur sait répondre.

L’humidité dans la maison peut-elle provenir du bois de chauffage?

Oui. Un bois mal séché libère de la vapeur d’eau en brûlant. Si vous brûlez du bois à 40 % d’humidité, vous introduisez 2 litres d’eau dans votre maison pour chaque stère.

Cela augmente l’humidité ambiante et favorise la mérule.

Faut-il désinfecter la pièce où le bois a été stocké?

Si le bois a été stocké à l’intérieur, oui. Nettoyez les sols, les murs, et les supports avec une solution d’eau et de bicarbonate de soude. Aérez la pièce pendant 24 heures.

Si vous avez des doutes sur une possible contamination des structures, faites un diagnostic.

Peut-on réutiliser des palettes contaminées après nettoyage?

Si les palettes sont en bois et ont été fortement touchées, il vaut mieux les brûler. Si la contamination est superficielle, nettoyez-les à la brosse métallique, puis exposer-les au soleil pendant 15 jours. Vérifiez qu’aucun filament blanc ne réapparaît.

Si oui, jetez-les.

Le bois de chauffage contaminé peut-il être utilisé dans un poêle à granulés?

Non. Les poêles à granulés sont conçus pour du bois sec en forme de granulés. Le bois contaminé est irrégulier, humide, et peut endommager le système.

Il ne peut pas être broyé, ni utilisé. Il doit être éliminé.

La mérule sur le bois de chauffage est-elle un motif de réduction de prix lors d’une vente?

Non, car le bois de chauffage n’est pas une partie intégrante du bâti. Par contre, si la mérule a contaminé la maison à cause de ce bois, elle devient un vice caché. Le vendeur est alors tenu de déclarer l’infestation.